Depuis quelques années les Digital Humanities se définissent progressivement par la communauté scientifique en Sciences Humaines et Sociales. Ainsi les acteurs mettent de plus en plus en valeur les corpus traditionnels de la discipline (écrits, oraux et iconographiques) par l’ouverture de sites ou de portails web appropriés.
C’est dans ce contexte qu’un premier projet a été mené avec le soutient du TGE-Adonis. Il s’agissait d’élaborer des savoir-faire et des bonnes pratiques pour la numérisation d’ouvrages imprimés anciens (XVIe-XVIIIe). Ce travail a abouti à la réalisation d’un cahier des charges et a fait l’objet d’un rapport au TGE-Adonis.
Puis est venue la phase de réalisation avec l’ouverture du portail Fontes Historiae Iuris. Le portail permet l’accès à deux corpus documentaires. Le premier donne un accès unifié aux ouvrages numérisés en histoire du droit et de la justice. Les ouvrages sont classés selon la typologie des sources du droit (Législation, Doctrine, Coutumiers, Recueils d’arrêts, Dictionnaires, Encyclopédies et Lexicographies). Une fois l’ouvrage repéré, un simple clic sur le lien hypertexte permet de consulter, et parfois de télécharger, l’ouvrage à partir d’une bibliothèque numérique extérieure au portail. Le second proposera des inventaires et analyses d’archives des cours de justice françaises et européennes d’Ancien Régime, les données des différentes sources judiciaires seront intégrées dans une base de données relationnelle.
Cette recherche s’attarde à retracer le statut juridique de ces deux provinces, depuis leur rattachement au royaume de France à la fin du XVIIe siècle. Au cœur du sujet se trouve la notion de droit local. En effet, avant leur rattachement à la France les deux provinces connaissaient un droit local particulier ; certains sujets avaient des privilèges, des droits reconnus par les anciens souverains. Ces droits devaient-ils disparaître avec la francisation du droit ?
Au fil des dépouillements des archives, notamment des intendances et du parlement de Flandre, la réponse doit-être nuancée sur plusieurs points. D’une part, le parlement a semblé jouer le rôle de protecteur des droits locaux, du moins jusqu’au premier quart du XVIIIe siècle. D’autre part, le roi et l’intendant ont encouragé une assimilation des nouveaux peuples conquis. Enfin, même si un droit spécifiquement français peut être identifié à travers la législation royale applicable en Flandre et en Hainaut, la pratique judiciaire révèle des solutions qui dépassent largement le droit français. Ainsi l’issue des conflits permet de mettre en valeur l’apport indéniable de solutions tirées d’auteurs étrangers.
Parmi les nombreux hôpitaux militaires qui existaient dans le royaume de France durant les derniers siècles de l’Ancien Régime, une large proportion de ceux-ci était établie dans les provinces du Nord. Ce constat s’explique par les nombreuses guerres menées sur ce territoire frontalier. Le droit militaire d’Ancien Régime contenait des règles spécifiques applicables aux hôpitaux militaires.
La recherche menée sur ce droit hospitalier et militaire a permis de dégager une évolution dans son élaboration. Dans un premier temps, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, ce droit est tirée de la pratique exercée par les personnels hospitaliers et militaires. Une fois la pratique bien en place et éprouvée dans le temps, elle est traduite en corps de règles par des édits, des ordonnances et des règlements. Dans un second temps, le droit hospitalier et militaire connait un bouleversement dans son élaboration. Dorénavant, le droit se construit a priori au Secrétariat d’Etat à la guerre. Son contenu se veut beaucoup plus directif, laissant moins de place aux vicissitudes locales. La norme établit au gré des réformes aussi bien un large contrôle hiérarchique et disciplinaire du personnel qu’un contrôle de plus en plus tatillon des dépenses hospitalières.