
Cesare Beccaria Bonesana 1738-1794
Cesare Beccaria fit ses études de droit à l’Université de Pavie, où il obtint son doctorat en 1758. Rapidement il fut séduit par les écrits de Montesquieu et des encyclopédistes, notamment à travers les réflexions sur le système judiciaire. Il ne tarda pas à éditer lui-même ses propres réflexions sur le système pénal dans le fameux Des délits et des peines, ouvrage qu’il corrigea par deux fois entre 1764 et 1766. Beccaria n’est pas l’inventeur d’une doctrine, mais son interprétation a été reprise très largement. En effet, l’ouvrage séduit en France et influence les réformes de Louis XVI, plus tard Faustin Hélie proposera une traduction et lui servira de réflexion lors de la rédaction de son Traité d’instruction criminelle. L’Europe tout entière reçoit l’œuvre de Beccaria, elle est traduite très vite en Allemagne, en Angleterre, en Pologne et en Espagne. Elle inspire même le président Thomas Jefferson [1].
Beccaria propose d’ajuster la peine au délit dans son Des Délits et des peines. Il dénonce la cruauté de certaines peines, et se prononce contre la peine de mort. Outre ses propos quasi philosophiques, ce qui attire aussi l’attention du juriste c’est la place assignée au juge et à la loi dans le système de Beccaria. Pour Beccaria seule la loi du prince est source du droit, dès lors le juge doit se contenter d’appliquer celle-ci au cas d’espèce qui se présente à lui. Pour ce faire le juge doit pour chaque délit faire un syllogisme parfait.
[1] D’ailleurs, l’édition ici présentée est celle de Philadelphie.